La naissance de la philosophie - Séries générales



La philosophie a un lieu de naissance : la Grèce, plus particulièrement les colonies grecques d'Asie Mineure. Elle s'est ensuite propagée en Grande Grèce (Sud de l'Italie et Sicile), avant de parvenir à Athènes.

1. La Grèce archaïque : Les mythes



Comme dans les autres cultures : il y a une tradition orale (poèmes chantés), dans ces récits (Iliade et Odyssée. Poèmes rédigés au VIIIieme siècle, relatant des faits du XIIieme siècle).

On trouve :
  • L’histoire, les exploits des héros.
  • L’histoire des dieux et de leur rôle dans l’univers des hommes.


2. Les philosophes présocratiques



Premiers philosophes : autre manière de concevoir le monde.
Quelques auteurs :
  • Thalès de Milet (640-548) ;
  • Héraclite d’Éphèse (545-480) ;
  • Pythagore (585-500) ;
  • Parménide (544-450) ;
  • Zénon d’Élée (490-420).
    Attention : L'évolution des conceptions sur le monde est progressive. Auparavant : généalogies divines qui racontaient le devenir du monde.

    Les premiers philosophes s’interrogent sur la nature par :
    • la mise à distance des croyances traditionnelles;
    • l'explication naturelle à la constitution du monde.
    Remarque : Mais les philosophes ne sont pas athées. C'est ce que rappelle Aristote dans De l'âme, I, V, 411 a 7 : « Toutes choses remplies des dieux. »

    Hypothèse sur l'apparition de la philosophie en Grèce antique : La philosophie apparaît en Asie Mineure et elle est contemporaine de troubles sociaux et politiques. Thalès et d'autres présocratiques appartiennent à la haute noblesse sacerdotale. Les premiers philosophes sont donc les dépositaires des traditions religieuses dont la transmission était secrète.

    Le philosophe livre son enseignement sur la place publique :
    • Débat contradictoire;
    • Argumentation rationnelle.
    On pourrait définir la pensée rationnelle comme la recherche d'une argumentation cohérente qui vise à déterminer le vrai/le bien/le juste.

    Les autres changements culturels fondamentaux
    • Recherches en astronomie et en physique (observation mais pas expérimentation). Jusqu'au XVIIIieme siècle de notre ère, ceux sont les mêmes penseurs qui sont, à la fois, philosophes, mathématiciens, physiciens.
    • Transformation sociales/politiques/économiques :
    • Affaiblissement du pouvoir royal et religieux.
    • Apparition de la démocratie Solon, inventeur de la démocratie à Athènes est archonte en 593 av. J.-C. La démocratie suppose (idéalement) comme la philosophie (?) un débat contradictoire et une argumentation rationnelle.
    • Développement de la monnaie garantie par la Cité (processus d'abstraction).
    • Développement des arts.


    Premier emploi du terme: Héraclite au Vieme siècle.

    3. Les éléments fondamentaux de la démarche philosophique



    Si l'on admet une certaine permanence dans les exigences de la philosophie, plusieurs caractéristiques apparaissent :
    • pensée rationnelle;
    • naissance commune avec la science;
    • substitution au discours religieux (refus de la croyance non fondée, critique de la doxa - opinion - religieuse ou commune);
    • volonté d'expliquer la nature (ce qui est) : interrogation qui porte en premier sur le monde, puis sur l’homme, son action, ses croyances;
    • abstraction;
    • s'étonner devant ce qui est inhabituel : Thalès prédit une éclipse en - 585.
    • s'étonner de ce qui nous semble évident : les paradoxes de Zénon.
    • Cohérence dans l'argumentation;
    • Confiance en la raison humaine.


    Aristote, Métaphysique : « Apercevoir une difficulté et s'étonner, c'est reconnaître sa propre ignorance. Et c'est pourquoi aimer les mythes est en quelque manière se montrer philosophe, car le mythe est composé de merveilleux. » A, 2, 986, 16

    4. Le portrait du philosophe selon Platon



    • Le philosophe paraît ridicule et stupide : Thalès est capable de prédire une éclipse, mais en observant le ciel, il tombe dans un puits. Cf. Platon, Théétète , 174 a 5.
    • Le philosophe est un taon.
    • Condamnation à mort (ciguë) de Socrate en - 399.


    Motifs énoncé par le tribunal :
    • corruption de la jeunesse;
    • impiété.


    • Ironie socratique : Socrate tente de réveiller les esprits. Il feint l'ignorance, il destabilise les interlocuteurs en multipliant les questions, en montrant les contradictions, les erreurs, les insuffisances.
    • Le philosophe doit accoucher les esprits.
    • Maïeutique : technique qui permet d'accoucher. Cf. Platon, Théétète, 194 a 5. Accouchement dans la douleur, l'esprit doit trouver en lui-même la vérité, mais Socrate prétend ne pas pouvoir enfanter (trouver la vérité). Les dialogues socratiques qui portent sur les valeurs (vertus, piété, beau, ...) sont aporétiques.


    • Conclusion



      Étymologie : désirer (et non posséder) et sagesse (dimension théorique et dimension éthique).

      Le philosophe est un intermédiaire entre celui qui possède la sagesse (les dieux dans l'Antiquité) et l'ignorant (celui qui a des opinions : il ignore qu'il ne sait pas, car il croit savoir).